Bill Evans – You must believe in spring
30 mar
Je trouve que dans le jazz, l’émotion pure n’est pas toujours simple à avoir. Parfois, c’est la virtuosité qui prend le pas et c’est ce génie qui fait que les poils se hérissent.
Là, c’est autre chose. La virtuosité, il y en a probablement mais on ne la sait pas. Tout coule facilement, simplement, naturellement. Non là, c’est que de l’émotion où chaque note vient en rajouter, vient nous capturer le coeur pour qu’il en sort atteint.
Bill evans est horriblement bon. Et c’est album est lui aussi horriblement bon ! le concept trio est je trouve une perfection avec une batterie qui accompagne, qui donne du rythme, une basse (oh mon dieu une basse) qui joue, qui danse, qui chante et ce piano donc, parfois très aigu, parfais très grave mais toujours très juste. il ne manque pas une note et il ne faut pas en rajouter.
Concernant l’enregistrement, que dire sinon qu’il est parfait. je peux lui reprocher un peu de souffle (étonnant pour un enregistrement de 1980) mais c’est chiopoté et ça rajoute presque ce qu’il faut pour donner encore un peu plus de nostalgie.
Bill evans est mort avant la sortie de cet album. Il devait le sentir (c’était un toxicomane). Il avait perdu des membres chères à son coeur et il a tout jeté sur cet album. ces comparses, Eddie Gomez à la basse et Eliot Zigmund à la batterie sont là pour l’accompagner, l’aider et ils font parfaitement ce rôle.
on peut ne pas aimer le jazz, ou ne pas aimer tout le jazz. On peut trouver un piano chiant comme la mort.
Mais, on ne peut pas ne pas être ému par cet album !
Place à la musique
B Minor Waltz (For Ellaine)
Ce titre est une perfection. le piano est d’une émotion rare accompagné d’une basse discrete mais qui claque bien et avec quelques cymbales juste quand il faut. Fermer les yeux, c’est se laisser emporter par cette chanson triste, ce dire que ce qu’a vécu Bill Evans, on a dû aussi le vivre et donc rattaché sa nostalgie à ce morceau.
Que dire de plus : le piano est à droite, bien réelle, bien là dans la salle, la basse est pleine centre et la batterie à gauche. Tout est bien espacé, lisible, compréhensible. On touche une perfection du genre.
You must believe in spring
On garde les ingrédient de b minor Waltz, on change la rythmique, on donne plus de place à la basse. On laisse l’intro se faire, poser ce décor d’hiver brumeux puis on écoute.
Quand on sent que Bill a fini, voilà que Gomez prend la place et la guitare devient accompagnatrice avec un peu de batterie. On sent les cordes qui claquent, on sent la force de l’instrument, on peut presque voir les doigts qui bougent et les cordes qui vibrent. que c’est bon. que c’est propre, que c’est bon.
Puis on tour de la batterie d’imposer un peu son rythme et aux autres de suivrent, toujours sur le même thème. Et si avant on restait froid (possible ?) cette fois ça devient impossible tant c’est musical : instinctivement le pieds tape, la tête ondule et le coeur vibre. Un grand moment à n’en pas douter, impossible à retranscrire si l’on n’est pas dans de bonnes conditions, attentif à l’écoute, à la compréhension des artistes.
Gary’s theme
Une belle intro dans la veine des deux premiers titres avec des petits détails acoustiques surprenant, épatant, captivant comme la grosse caisse qui claque tout doucement. On reste sur un titre à l’image des deux premiers, et bien sûr on continue à rester à haut niveau d’émotions. Faut vraiment pas les laisser ensemble ces trois là !
We will meet again (For harry)
Un second titre à l’hommage d’un être cher de Bill et une quatrième claque émotionnelle. Toujours ce souffle un peu dérangeant. mais on l’oublie dès que la basse et la batterie viennent accompagner Bill. La basse est encore plus profond, plus sèche, plus directe et quelque part plus belle. ça ne bave pas d’un poil : c’est juste réel et là dans ma salle, rien que pour moi.
le jeu de Bill est d’une classe rare. Sa main gauche est d’une émtion rare et la droite a un jeu rapide, précis et là aussi fermer les yeux c’est imaginer Bill replié sur son piano, le front plissé.
Il faut entendre une montée vers la fin du morceau, elle est d’une intensité unique. le final ne mérite lui aussi aucun reproche.
The Peacocks
A me lire, on pourrait croire que je le répète, que ce disque doit être lassant car répétitif mais pourtant il n’en est rien. Oui Bill Evans et son trio continue à peindre des paysage brumeux et mélancolique mais le génie des trois est tel que jamais on se sent piégé, jamais on se lasse et toujours il y a un renouveau. Ce titre n’échappe pas à cela et tout est dans le piano qui dirige l’ensemble et qui sait titre après titre être différent tout en étant sur le même ton, la même émotion. personnellement j’en redemande. Il faut entendre certains passages pour y croire pour sentir cette vie des artistes qu’un mauvais sytème Hifi ou qu’un MP3 ne retransmettront jamais.
Sometime Ago
Vous vous doutez bien que ce titre est tout aussi bon que les autres. le piano est un poil plus rapide mais une fois encore il faut écouter pour se rendre compte du jeu du piano, de sa complicité avec la basse et la batterie pour se rendre compte que tous les trois jouent ensemble. Il y a un solo de basse dans ce titre à mourir. c’est rapide, clair, précis avec une image très réaliste très compréhensible. Que c’est bon !
Theme from M*A*S*H (aka Suicide is painless)
Comme son nom l’indique, ce thème est présent dans le film M*A*S*H que je ne peux que recommander pour l’avoir vu récemment. C’est probablement l’un des seuls titres très rythmé, très jazzy. Les bougres en sont largement capable et c’est une réussite. Est-ce encore un titre triste ? non moins. Et il suffit de voir le film pour comprendre la signification de ce titre. Pour revenir sur le jeux des trois, c’est vraiment un régal avec toujours le piano comme chef d’orchestre et les autres qui le suivent à merveille, qui savent ce qu’ils ont à faire et quand et pourquoi, tout naturellement, de façon très simple. Là encore dur de ne pas avoir la tête qui ondule et le pieds qui tappe un peu.
Without a song
Ce titre, nons présent sur l’album original a un enregistrement un peu différent. c’est moins clair, un peu plus distant. on se laisse moins pieger par le jeu avant l’arriver de la batterie et de la guitare. mais quand le trio est là, et bien c’est très dansant. La batterie n’est plus à gauche mais derrière la basse à milieu, très légérement sur la gauche et l’espace gauche est donc moins utilisé. ce n’est pas du tout un soucis. Une fois que tout est en place et que l’on a oublié la qualité d’enregistrement de l’album, on replonge sans soucis dans ce morceau même si la distance rend le piano moins bon, la basse moins sèche et précise. La main gauche de Bill est fabuleuse sur ce morceau et sa droite extrêmement rapide et très souvent dans l’aigu : attention à avoir unbon rendu des aigu sinon les oreilles vont vriller. ça passe sans trop de soucis chez moi mais il n’en faut pas plus.
Freddie Freeloader
C’est un titre initialement sur King of Blue de Miles Davis, l’un des albums à avoir sur le jazz. j’en parlerai probablement un jour. Bill étant sur l’album sauf pour cette chanson et voilà probablement pourquoi tant d’année plus tard il a eu envie de la jouer à sa façon.
La mélodie est à pleurer tellement c’est entraînant. On retrouve tout à fait la configuration du premier titre bonus si ce n’est que j’ai l’impression que le piano est un peu plus au centre. On reconnaît sans mal ce que Miles faisait à la trompette. Un titre vraiment intéressant et super bien construit à la qualité de restitution pas degueu du tout.
All of you
On finit cet album par ce dernier bonus en restant dans le bon. moins de souffle sur la partie intro au piano que sur les autres pistes de l’album ce qui perturbe moins le jeu unique de Bill. je regrette un peu la prise un peu lointaine qui n’aide pas à se plonger mais je chipotte car c’est vraiment bon. Et quand la batterie vient ramner sa fraise et la basse imposer son rythme : wouahhh. l’album finit à la merveille. un zéro faute du début à la fin !









Derniers commentaires