Yasmin Levy – La Juderia
30 mar
J’ai découvert cette artiste par le biais d’un forum. Voici les propos
Je rentre tout juste d’un concert absolument fabuleux.
Je ne connaissais pas cette fille ni d’Adam, ni d’Eve, ni de Rougieri. Une copine nous a embarqué dans cette histoire.
Je lis le dépliant en attendant que les lumières s’éteignent. Je vois qu’il y a un percussionniste, un joueur de cajon (j’adore), un joueur de duduk (j’adore en l’ayant découvert avec Didier Malherbe dans Haddouk), et un guitariste. Petite distribution qui me séduit d’avance. Je lis le Blabla sur cette fille de Jérusalem, au coeur des métissages qui remet « au goût du jour certains des chants les plus beaux de l’héritage Ladino/judéo espagnol parfois vieux de 500 ans en le mélangeant avec le flamenco andalou. » Tiens, drôle de mixture. Je suis intrigué.
Sur la scène, trois chaises en arc de cercle plus à gauche, le cajon. Ensuite viens la chaise avec une guitare, puis une jouxtant un présentoir, de flûte, de doudouk et une clarinette, puis la dernière, la plus à droite, avec une cymbale et un darbouka. (tiens c’était pas marqué sur le prospectus. J’adore cette percu que j’ai à la maison. A vrai dire il ne maque que des tablas pour que mon trio soit au complet.) Cet arc me réjouit d’avance. Certes on n’est pas bien placé un peu en hauteur.
Les lumières descendent comme un voile qui se lève. ET on en profite pour prendre des places mieux placées et inoccupées.
Un musicien entre. Il prend un doudouk et commence seul, en souffle continu. C’est beau j’ai déjà des frissons. Il fait tout le morceau seul. Et il me fait vibrer comme une corde sympathique.
Entre après, la diva, Yasmine Levy. Grande robe noire, inspirée de celles de flamenco. Avec des froufrous.
Le doudouk commence des notes tenues et cette fille inconnue jusqu’alors entonne ses premières vocalises. Et là Maria ! Yasmine ! devrais-je dire. Tous les poils sont au garde à vous. C’est le 14 juillet sur les champs hérissés. Putain, à froid ça fait déjà très chaud. Fin du morceau. On se dit la petite elle donne tout dès le début. Ecueil des débutantes.
Le guitariste entre et rebelote. La garce elle a des atouts dans son jeu de cordes. Des poils me poussent rien que pour le plaisir de se dresser devant cette sensualité volcanique. Les chants Yiddish, ont des couleurs espagnoles, y a du soleil et de la lune dans la salle. Applaudissements.
Ensuite les deux percus entrent. Et c’est parti pour un tour de grande roue dans les racines de ses peuples qui se sont croisés, qui se sont chassés en laissant derrière eux que des mélodies qui se sont métissées là où les hommes se sont entretués.
J’ai l’impression d’avoir des poils sur la colonne vertébrale et sur tous les os de mon squelette. Une émotion rare et on n’est qu’au troisième morceau.
Ensuite elle raconte l’histoire du flamenco, des Juifs, des Musulmans en terres espagnoles, le pourquoi du comment de ce qu’elle chante. Le tout en Anglais. Elle parle très peu français. On lui pardonne pour cette fois. Mais quand elle reviendra, on sera moins tolérant. Elle parle Arabe, Turque, Espagnol, Anglais et pas Français. Les Israéliens sont parfois décevant. Si le FN passe, ça changera tout ça.Elle enchaîne encore et encore. Chaque fois, des poils me poussent à des endroits insoupçonnés. Je vais finir en ours, en touffe de poils, en pelote.
Cette fille ne chante pas. Elle enfante. Elle met au monde des enchantements. Elle accouche son âme dignement. C’est une déesse hantée par un succube. Elle ne se retient pas. Elle en a plein dans son cœur, dans son corps, dans ses tripes de la musicail à vous balancer à la figure avec la grâce d’un ange. Des mélodies vous saisissent comme si elle vous souriait en vous mettant la main au paquet un peu fermement. J’ai oublié de dire cette fille est très belle. A 27 ans, elle a tout d’une femme enfant ; qu’on pourrait avoir envie de protéger dans ses bras mais qui semblent n’avoir plus rien à apprendre de la vie. Elle est envoûtante. Il y a quelques siècles on en a mis au bûcher des moins ensorcellantes. Croyez-moi.Ensuite elle nous raconte que son père à passer des années à collecter et à préserver des dizaines de morceaux traditionnels, liturgiques Ladino, Yiddish. Des œuvres qui sans lui auraient disparues du répertoire. C’était un boulot de dingue. Ah alors ceci explique cela. C’est une enfant de la balle. Y a pas de mérite. « Mon père est décédé alors que j’avais un an. Je ne l’ai jamais connu. Je n’ai connu que sa voix sur ses enregistrements. » Putain *****. Bon je comprends. Ce côté écorchée. « Mon père c’est juste une voix avec qui j’ai grandi. Alors je vais vous chanter une chanson qui a 300 ans et qu’il a enregistrée. Je lui dédie en espérant que je la chanterai aussi bien que lui. Je lui dédicace en espérant qu’il peut m’entendre ». Putain c’est plus les poils qui se dresse mais les larmes. Bon, je me retiens. Ça va avec son histoire d’enfant pas gâtée. Y en a d’autres. Bon elle a fait de la résilience. Cyrulnik va être content. Et elle commence à chanter. Eh là. Bon, je veux dire. Je ne sais pas ce qu’elle chante, je n’y comprends rien depuis le début, dans toutes ses langues. Mais j’ai le barrage qui se fendille et des larmes glissent, lentement, très lentement, pour savourer, pour ne pas perdre une goutte de cet instant de magie pure. Ce n’est pas un ange qui passe, ou un ange qui chante. Mais il y a de l’enfer qui surgit au cœur du plumage. La dernière fois que j’avais pleuré à un concert c’était quand Birkin faisait son tour après le décès de grand Serge et qu’elle avait chanté « je suis venu te dire que je m’en vais ». Il y a avait des circonstances. Mais la Yasmine, je ne comprends pas les paroles, je ne connais pas son père, en plus aucune de ses chansons ont été au top 50 alors ! Mais putain la garce, sa voix baigne dans les égouts pour atteindre le firmament. Là où gambade des anges qui jouent à saute-mouton, à saute-moutonne et qui finissent par sauter tout ce qui bougent ! Eh c’est ça le paradis, mec !
Je vois que ça fait un peu long déjà ce que j’ai écrit. Tout ça pour décrire une soirée d’un ennui. D’un ennui qu’on souhaiterait même à son pire ennemi. Car il y a des gens qui vous rendent meilleur, même si ce n’est qu’une heure. Et c’est déjà ça. Quand on écoute cette beauté du croisement des cultures, comment être ségrégationniste, antisioniste, anti…anti… A la fois, si c’est le résultat d’envahisseurs qui se sont fait envahir par d’autres envahisseurs qui se sont fait envahir et que ça a fait des milliers de morts. Honnêtement parfois je pourrais être pour la guerre. Y a de beaux restes.
Alors si cette fille passe par chez vous ne la manquez pas, sauf si vous voulez qu’elle ne vous manque pas.
Et dire que ma chaîne Hifi à quelques milliers d’euros, ne me donnera jamais cette émotion à 15 euros. Je revends tout et j’achète un camping-car pour suivre partout cette chanteuse.
Je ne voudrais cependant pas oublier les musiciens qui à l’instar de cette divinité, on le métissage dans les doigts et les oreilles. Un israéliens, Un Espagnol, un Turc. Et d’une générosité inévitable pour atteindre cet instant ultime.
Il y a quand même un hic. Quand elle nous a présenter ses musiciens. L’un d’entre eux est son mari. Pourtant j’étais sûr qu’elle m’avait regardé d’une façon différente pendant le concert. Si si c’est vrai. Je vais attendre quelques mois. Les tournées c’est dur pour les couples.
Allez je vais aller pleurer en écoutant le cd que j’ai acheté et que j’ai fait dédicacé comme un fan, comme un djeuns, comme quand j’avais les cheveux longs et que j’allais voir mes groupes de hard rock que j’avais punaisés sur les murs de ma chambre. Ah oui j’ai aussi fait dédicacer son affiche. Heureusement je n’ai pas une amie jalouse. Je vais dormir avec l’affiche.
Etant de nature curieuse et étant ouvert à tout j’ai acheté
Et alors !!
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Place à la musique
Naci en Alamo
Une intro à la clarinette ou à l’autbois de toute beauté. On se sent hors de la France d’entrée de jeux. Plutôt en Magreb sans en être sûr. Puis viens la voix et là on reste sans voix
. On part plutôt en Espagne tout en se croyant en Israel avec une guitare très espagnole qui arrive. le tout avec une définition et une profondeur FANTASTIQUE !
La voix est d’une pureté avec un timbre à pleurer. yasmin ne chante pas, elle nous parle avec une émotion rare.
Puis viennent les percussions et là c’est la cerise sur le gateau. on est scié, bloqué et sous le charme de l’ensemble. On part définitevement en Espagne avec chaque instrument à sa place.
C’est d’une beauté rare et d’une musicalité folle
Me voy
Que dire de ce titre qui démarre avec la voix de yasmin et une simple guitare. Elle monte dans les octaves sans que rien ne chavire. ça ne fait que toucher directement le coeur ! et cette guitare a côté d’elle !! fiou !
Quelques clochettes viennent apporter un peu d’aigus sublimes ! Une fois de plus on est à terre.
Puis vient la percussion très grave et là c’est l’émotion de trop. C’est trop ! c’est fou ! c’est beau ! c’est unique ! Une deuxième titre merveilleux que le système naim sublime et que les enceintes diffusent sans mal !
A chaque refrain on a les poils qui se dressent ! On bloque inconciemment sa respiration et on écoute, à genoux !
Comment peut on avoir la promotion de Lara Fabian et pas de Yasmin Levy !!! Cette chanson mérite plus qu’être connu que par un cercle assez restreint.
Intental Encontrar
Une intro pleine de nuance avec ces percussions pleines de petits bruits et cette guitare toujours très espagnole. On reste dans la fibre des premieres chansons avec un peu plus de rythme et un jeu vocal de yasmin plus calme mais toujours aussi beau.
Il est fou de constater le rendu de la guitare sur ce titre ! ça empli toute la piste avec plus tard une clarinette elle aussi magique. La percussion est sec, belle profond avec tout ce qu’il faut ! On se demande si l’on va redescendre après cette troisième chanson.
La alegria
On reste dans la même veine, on change le rythme, on change le thème mais on garde tout. yasmin là aussi pleure/chante. Quelles émotions en introduction.
la longue (et belle) intro passée, on se croit avec les Gipsy King au coin du feu : mais ne pas y voir un terme péjoratif ! oh non ! là c’est musicale, entraînant et plein d’émotions. Arnaud ne comprend rien aux paroles mais c’est pas nécessaire pour comprendre l’émotion.
Là encore on a une transcription des cymbales à pleurer. c’est d’une pureté rare et si belle.
La niña de las flores
On quitte maintenant l’espagne pour définitivement un rythme plus orientale, plus arabe. ça parle moins à arnaud et c’est plus charmeur de cobra. ça reste d’une clareté et d’une beauté rare. Mais ça ne touche pas aussi profondément arnaud.
Locura
On repart en Espagne. C’est un flamengo à pleurer. Tous les instruments (guitares, percussions) sont là où ils faut avec la voix juste au dessus mais pas omniprésente. Que la musique peut être belle avec peu d’instruments. Et là aussi après une longue intro on part dans du Gipsy King mais tellement plus riche, tellement moins ringard ! On imagine yasmin avec sa longue robe noire qui chante avec son âme au bord du feu et ça donne envie de tout vendre et de la rejoindre.
La serena
Ce titre part sur des claquements de mains, une percussion puis la voix de yasmin. ça vocalise plus que ça chante. C’est entraînant et beau, même si ça touche moins arnaud : il y a eu trop d’émotion avant pour s’arrêter à ce genre de titre. On reste au bord du feu mais là on écoute sans participer, sans vibrer. On reste captiver par ce son profond.
Gracias a la vida
c’en est trop ! les larmes viennent aux coins de l’oeil et on les laisse couler. Ce titre est unique, rare, ultime. Une voix qui touche le coeur sans passer par les oreilles, renvoyant Celine Dion à ce qu’elle est, une chanteuse ennuyeuse et sans émotions. Et faut rien pour faire une belle chanson si ce n’est une voix avec un vrai timbre et une guitare bien accordé eet qui sonne juste et là où il faut. Point barre ! A quand ce titre à MCM et que l’on oublie Diam’s ? Et le système rend honneur à l’émotion, on sent que rien ne manque. Ce sera à écouter sur le CD2X ! ce sera à prévoir pour faire chavirer Jean, le chef de Quinte et Sens
Keter
Allez hop on repart à Israel avec une intro qui semble religieuse avec son coeur d’hommes. On sent une messe islamique mais après gracias a la vida il est dur de se concentrer sur ce nouveau morceau qui demande de faire table rase de l’ancien. la voix de yasmin est très arabe d’un coup avec toute la vocalise que cela demande. Une petite sonnette résonne avec une finesse à croire qu’elle est dans la salle
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noches, noches
On repart en espagne ! Quel voyage inter pays. Quelle profondeur encore des guitares et de la percussion. yasmin a repris sa place auprès du feu et on écoute et on se laisse bercer. Une fois de plus sublime mais avec moins d’émotion. l’après gracias a la vida est toujours difficile.
Y tu y yo sublimos al cielo
Une intro à la guitare d’une beauté forcément espagnole. On se laisse bercer avec une précision dans les aigus à faire pâlir un Ipod. Une rapidité dans les variation tout aussi belle. Un titre de comparatif de système à n’en pas douter. Puis la voix de Yasmin avec comme toujours un timbre qui nous lie à elle intimement. Quel talent. Quel classe.
La serena
Une version acoustique pleine de flute, de guitares. A tester sur divers systèmes hi-fi par curiosité car ça demande des qualités au système pour avoir un beau rendu. Le naim y arrive sans mal et le Dynaudio que l’on dit froid est pourtant d’une chaleur très intimiste et passionnel.








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